10 leviers pour réussir son projet Smart Mobility

On n’arrête plus la smart mobility ! Selon le programme public Mobilité 3.0, le secteur mobilise déjà plus de 1000 entreprises en France pour un chiffre d’affaires estimé à 4,5 milliards d’euros. Associé aux projets Intégré à la ville intelligente (ou smart city), il fourmille de projets innovants qui gagnent à communiquer entre eux.

L’IoT est au cœur de la mobilité intelligente. On le sait bien, ce type de projet fait intervenir un patchwork parfois complexe de technologies et d’acteurs. Pour tenir ses engagements, il est capital de faire les bons choix techniques et organisationnels, et ce dès les premiers instants ! On vous dit tout à travers ces 10 leviers pour réussir son projet en smart mobility.

 

Quelques exemples de projets Smart Mobility

Mais au fait, où commence et où s’arrête la smart mobility ? Les projets sont tellement variés qu’ils entretiennent parfois un certain flou artistique

Le dénominateur commun à tous les programmes de mobilité intelligente, c’est d’être à la rencontre du transport et du numérique. Les objectifs des projets sont variés, mais ils visent presque toujours à rendre les déplacements plus efficaces, plus sûrs, plus économes ou plus écologiques – voire tout ça en même temps !

 

Les principaux champs d’application de la smart mobility :

  • Gestion du stationnement
  • Billettique
  •   Gestion multimodale
  •   Planning de route
  •   Empreinte écologique
  •   Sécurité routière
  •   Sécurité dans les transports
  • Optimisation énergétique

 

1. Bien appréhender l’écosystème - et la demande

La smart mobility, c’est un écosystème très riche : il fait intervenir des organisations aux intérêts différents. On y trouve des acteurs publics et privés du transport, mais aussi du numérique, de l’équipement, de l’énergie, de l’environnement, etc…

En fonction des projets, il faut être prêt à collaborer avec des acteurs aussi divers que les collectivités territoriales (communes, intercommunalités et région), des startups de l’IoT, des PME et des ETI, des régies de transport, des solutions Cloud et numérique, des concepteurs de mobilier urbain, des grands groupes, des entreprises de BTP, l’Etat, etc…

 

La demande croissante des collectivités territoriales

La demande des collectivités territoriales est un levier fort pour développer des projets de smart mobility. A l’avenir, il est prévu que les grandes entreprises soient de plus en plus demandeuses de mobilité intelligente (pour la RSE et la qualité de vie au travail (« QVT ») des employés), mais c’est encore rare.

En 2021, ce sont d’abord les communes et les intercommunalités qui planifient la ville intelligente. Les projets de smart city fleurissent un peu partout, comme à Dijon (OnDijon), Nice, Montpellier et sa « Cité Intelligente », Lyon, etc… Dans le sillage des grandes métropoles, les villes de taille intermédiaire prennent aussi le train en marche.

Avec des projets cofinancés par l’Etat (via le PIA), la région ou l’Union européenne, les partenaires privés sont souvent les exécutants de ces projets. Pour cela, pleins de modalités possibles : partenariats publics-privés, SEM (société d’économie mixte), subventions directes… Peu importe la forme, les entreprises sont le moteur de l’innovation en mobilité intelligente. On leur en confie aussi l’exploitation : c’est notamment le cas à Dijon, où elle passe par un consortium privé (Bouygues, Citelum, Suez, Capgemini).

Les startups, PME et ETI peuvent aussi s’insérer dans la smart city à travers les appels à projet : à Montpellier, le programme Cité Intelligente a financé pas moins de 14 initiatives en 2020.

 

2. Visiter les (nombreux) salons Smart City

Pour une entreprise qui porte des projets de mobilité intelligente, comment rencontrer la demande ? C’est tout l’intérêt des salons Smart City qui fleurissent un peu partout. Ils offrent de nombreuses opportunités pour trouver des opportunités, rencontrer des collectivités locales et prendre connaissance des appels à projet. On y partage aussi les dernières innovations incarnées par des fabricants en sous-traitance, des concepteurs de systèmes embarqués, des startups, etc…

En France, le salon Smart City + Smart Grid est une référence. Repoussée en 2020, la 11ème édition se tiendra en mars 2021 à Paris Expo (porte de Versailles). Plus ciblé « smart mobility », on peut citer les Rencontres de la mobilité intelligente, portées par l’ATEC ITS France, le salon itinérant European Mobility (100% digital en 2020) ou le salon InOut, à Rennes.

A l’international aussi, les salons smart mobility sont l’occasion de briller pour la French Tech ! Parmi les plus courus, on trouve le fameux le Smart City Expo World Congress de Barcelone, le Move London, le Future Mobility Summit (Berlin) ou encore le Movin’On Montréal.

 

3. S’insérer dans les solutions smart city existantes

Dans la plupart des cas, la smart city propose un fonctionnement par briques. C’est aussi le cas des projets smart mobility, avec une approche multimodale entre les différents réseaux et modes de transport.

Pour réussir un projet de mobilité intelligente, il est donc capital de prendre en compte la complémentarité et s’insérer dans les « briques » smart city existantes.

D’autant que les métropoles adorent centraliser l’innovation et la gestion pour faire s’entrechoquer les idées : c’est le cas à Lyon (et son TubA, un laboratoire de la ville intelligente) ou à Nice, où le poste de contrôle central gère l’ensemble de la mobilité intelligente (mobilités douces, informations trafic, covoiturage…). Pour construire des mobilités plus efficaces, plus sûres et plus écologiques, il y a tout à gagner à miser sur la collaboration et l’interopérabilité avec les autres briques de la smart city.  

> Découvrir l'article "Quels enjeux pour créer une solution Smart City?"

 

4. Se servir de l’Open Data

La smart city est au carrefour des innovations : de nombreuses villes développent des solutions en simultané. Pour accélérer les synergies, le secteur infuse dans l’Open Source. Les éléments mis en commun concernent les données, mais aussi des briques technologiques.

Même si beaucoup reste à faire pour standardiser, l’écosystème Open-Source est un énorme socle pour profiter des avancées réalisées aux quatre coins du globe. Un projet de smart mobility a tout à y gagner en intégrant des briques Open-Source (ou « commons ») à sa création de valeur, mais aussi en partageant ses innovations et ses données lorsque c’est possible.

On en est convaincus : mettre à disposition des innovations via les plateformes Open-Source peut, in fine, contribuer à les améliorer. Les initiatives Open-source peuvent venir du cadre local (comme à Lyon et sa plateforme d’innovation TubA) ou global, à l’image de Fiware, la plateforme Open-source dédiée au développement de la Smart City.

 

5. Renforcer la sécurité des données grâce au Edge computing

Avec la mobilité intelligente, on est susceptible de générer et de traiter un très grand volume de données des usagers. Dès la conception, il faut donc garder à l’esprit les impératifs de protection des données privées et de respect du RGPD.

A ce sujet, il est possible de réduire le volume de données déplacées dans le Cloud en optant pour des solutions Edge. Elles consistent à décentrer le calcul au plus près de la captation de données, évitant ainsi d’avoir à stocker ces dernières.

projet smart mobility

Par exemple, des applications existent autour de la vidéosurveillance : les caméras des villes et des parkings offrent des solutions très économiques pour le comptage des véhicules. Problème : les flux vidéo impliquent forcément des données à caractère privé. Les solutions « Edge computing » permettent de traiter le comptage de façon locale, avec une solution logicielle au plus près de la captation d’images. Plus besoin d’exporter les flux vidéo avec des données privées dans le Cloud, ce qui réduit les risques et donc les implications au niveau de la RGPD.

 

6. Bien gérer les contraintes techniques des projets smart mobility

Vaste sujet… Les contraintes techniques d’un projet de mobilité intelligente s’apparentent souvent à un puzzle technologique. La standardisation en est à ses débuts, portée par des organismes comme l’OMA ou l’ETSI. Dans l’ensemble, chaque projet doit encore essuyer les plâtres et faire interagir des technologies pas forcément conçues pour ça.

Pour réussir un projet smart mobility, l’essentiel est de bien identifier les contraintes techniques dès le début. Il est indispensable de prendre en compte le contexte technologique dans lequel on s’insère et de se reposer sur les briques existantes, pour interagir avec le projet smart city que l’on rejoint. L’un des leviers de réussite est l’homogénéité des solutions technologiques, ou à minima leur possible association : pour cela, il est toujours indiqué de faire confiance à un prestataire IoT spécialisé dans les solutions de mobilité intelligentes.

 

7. Anticiper le timing (et éviter d’exploser les délais !)

Du prototype à l’exploitation, de nombreuses étapes vous attendent… Il y aurait beaucoup à dire sur le bon déroulé d’un projet de mobilité intelligente. Pour réduire les risques de dépasser les deadlines, l’essentiel est d’optimiser les étapes les plus chronophages (spoiler : il s’agit de la fabrication matérielle délocalisée).

Comme toujours, un projet de smart mobility implique beaucoup, beaucoup d’études en amont : conception, modélisation, prototypes…

Il faut aussi intégrer au planning le temps de la confection matérielle, délocalisée ou non, toujours beaucoup plus demandeuse en temps que les réalisations logicielles.

Et s’il ne fallait donner qu’UN conseil pour éviter que le timing du projet vous échappe complètement, ce serait de faire communiquer les différentes équipes de façon régulière ! En effet, les longs tunnels entre deux checkpoints sont potentiellement très dangereux pour le respect des délais.

Au contraire, prévoir des sessions régulières d’échange permet de détecter le plus rapidement possible les défauts de conception. La méthode Agile notamment, avec des itérations courtes, est particulièrement utile pour détecter le plus vite possible si quelque chose ne va pas.

 

8. Prévoir le monitoring des objectifs après le déploiement

La conception des projets de mobilité intelligente part souvent d’objectifs directement liés aux usagers finaux. Sont-ils chiffrables ? La mesure de la réussite du projet doit être intégrée dès sa genèse, avec des indicateurs mesurables (ou métriques) : temps de trajet moyen, taux d’utilisation des espaces de stationnement, grammes de Co2 évités, km d’embouteillages évités, etc…

C’est le monitoring des objectifs qui va permettre de confronter la réalité du projet à ce qui était prévu. C’est pour cela que la remontée des infos fait partie intégrante des projets smart city, en particulier dans les transports.

Le monitoring du fonctionnement présente de nombreux avantages : le principal étant d’améliorer le dispositif de mobilité intelligente par des boucles constantes mesures-ajustements.

Cela permet aussi d’informer directement les usagers ou d’envisager la mise à disposition des données en Open Data. Enfin, ce sont des données que les bailleurs peuvent utiliser à des fins de communication : ça ne fait jamais de mal de sensibiliser aux enjeux de la mobilité intelligente !

 

9. Anticiper l’exploitation et la maintenance technique

Un projet de mobilité intelligente réussi est censé apporter des solutions – et surtout pas des problèmes ! L’exploitation d’un tel projet fait souvent intervenir de nouveaux métiers, que les mairies n’ont pas forcément en interne. Par exemple, l’infrastructure électronique et informatique peuvent constituer de nouveaux défis auxquels les collectivités territoriales vont devoir répondre. La maintenance n’est pas le seul enjeu : il faut aussi prévoir des patchs et correctifs de bugs pour garantir les firmwares et leur sécurité contre les attaques.

Pour garantir la pérennité du système, l’essentiel est de bien délimiter les rôles : l’exploitation et la maintenance sont-elles gérées par le prestataire ? Ou en interne, par les services de la mairie ? Faut-il créer de nouveaux postes à cet effet ? Rendre le client autonome, c’est capital pour que la réussite du projet smart mobility se prolonge au-delà du jour J !

 

10. Bien évaluer les gains par rapports aux coûts (y compris écologiques)

Pour terminer, voici un point crucial, que les projets de smart mobility soient portés par des entreprises privées ou les pouvoirs publics. L’exploitation ne peut être pérennisée que si les coûts économiques et écologiques sont bien anticipés. La mobilité « jetable » n’est pas rentable, ni à long ni à court terme.

Même si c’est difficile, il faut au maximum débusquer les coûts cachés. A ce sujet, l’expérience des trottinettes électriques en libre-service est révélatrice. Dott, Tier, Lime, Bird et les autres : dans le rush du déploiement, les modèles étaient essentiellement bas de gamme. Les estimations sur leur durée de vie allaient de 28 jours (étude Oversharing) à 3 mois selon une étude du BCG.

En plus du coût environnemental, la rentabilité des projets de mobilité intelligente est impactée par les détériorations du matériel mis à disposition et les amendes. Le non-respect des règles par les usagers est souvent facturé aux opérateurs. Avant même la loi d’orientation des mobilités (LOM) de 2019, les trottinettes mal garées étaient parfois envoyées directement à la déchetterie de Paris. Depuis, les pénalités financières pour stationnement illégal sont répercutées sur les usagers.

 

La réussite des projets de smart mobility dépend largement de la solution technique et de son adéquation avec les défis de la ville intelligente. Le choix d’un partenaire expérimenté en IoT (comme Rtone) est la clé pour y répondre avec des solutions opérationnelles et sur-mesure !

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